« Le judaïsme au Maroc d’hier à aujourd’hui », thème d’une conférence à Montréal

« Le judaïsme au Maroc d’hier à aujourd’hui », thème d’une conférence à Montréal
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« Le judaïsme au Maroc d’hier à aujourd’hui », thème d’une conférence à Montréal

Montréal, 23/05/2017 (MAP)- « Le judaïsme au Maroc d’hier à aujourd’hui » a été le thème d’une conférence animée, lundi soir à Montréal, par M. Jamaâ Baida, directeur des Archives du Maroc, en présence de plusieurs personnalités de divers horizons et de membres de la communauté marocaine juive établie au Canada.

Lors de cette conférence, organisée par la Communauté Sépharade Unifiée du Québec, le Centre culturel marocain « Dar Al-Maghrib » et la Congrégation Or Hahayim, M. Baida a, d’emblée, souligné que la nouvelle Constitution marocaine, largement plébiscitée en juillet 2011, affirme dans son préambule que l’apport hébraïque est un des affluents ayant enrichi l’identité nationale, mettant en avant la place de plus en plus visible qu’occupe le judaïsme marocain dans les champs académique, culturel et médiatique.

Il a rappelé que la présence du judaïsme au Maroc est très ancienne puisqu’elle remonte à plus de 2.000 ans, soulignant son apport qui est venu enrichir davantage l’ensemble de la société marocaine, déjà riche par sa composition ethnique, religieuse et linguistique.

Mettant en exergue l’attitude courageuse de Feu SM Mohammed V face aux lois anti-sémites de Vichy, et sa ferme opposition à toute ségrégation entre Ses sujets quelles que soient leurs religions, M. Baida a indiqué que Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa avait reçu, au nom de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en décembre 2015 à New York, le Prix de la liberté « Martin Luther King Jr-Rabbin Abraham Joshua Heschel » décerné à titre posthume au regretté Souverain.

Il a aussi ajouté que Feu SM Hassan II n’a cessé durant Son règne de multiplier les déclarations et les gestes qui consacrent le judaïsme marocain comme partie intégrante de l’identité nationale marocaine.

Le conférencier a, par ailleurs, fait constater que la vraie réappropriation de la dimension juive dans l’histoire et dans l’identité du Maroc allait trouver une tribune à travers l’université marocaine où a été entamé un travail devant jeter des éclairages nouveaux sur le judaïsme marocain, notant que plusieurs monographies de qualité ont accompli des investigations profondes dans les archives locales, en les croisant avec l’apport des documents officiels et les fonds étrangers.

Toutes ces recherches, a-t-il dit, ont relevé l’importance des communautés juives comme une composante incontournable dans l’histoire du Maroc.

M. Baida a, de même, fait remarquer que dès le début des années 90, le Maroc s’est engagé dans des réformes politiques démocratiques qui élargissaient la marge des libertés individuelles et collectives, d’où un intérêt sans précédent pour les particularismes identitaires comme patrimoine à faire prévaloir en tant que richesse nationale.

C’est d’ailleurs dans ce contexte que naquit, au sein de l’Université Mohammed V de Rabat, le Groupe de Recherche et d’Etudes sur le Judaïsme marocain (GREJM) fondé en 1997 au sein de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat, à l’initiative de certains chercheurs, a-t-il expliqué, précisant qu’il s’agissait pour cette équipe de mettre en valeur la diversité culturelle, historique et linguistique du Maroc, en se consacrant particulièrement à des études sur le judaïsme marocain, composante essentielle du patrimoine du Royaume.

Evoquant le Musée du judaïsme marocain à Casablanca, M. Baida a indiqué que cette institution est unique en son genre dans le monde arabe, soulignant que ses collections constituent un miroir reflétant l’histoire, la religion et les traditions des Juifs marocains, des objets d’une grande valeur pédagogique auprès de nos jeunes.

Hors des cercles académiques, la société civile est, de son côté, de plus en plus sensible à la valorisation du patrimoine juif marocain comme une composante de l’identité nationale, a-t-il poursuivi, ajoutant que cette orientation visant la réappropriation de la dimension juive a encore été consacrée dans un message adressé par SM le Roi Mohammed VI, en février 2013, aux participants à la cérémonie d’inauguration de la synagogue Slat Al Fassiyine, dont la restauration venait d’être achevée.

Dans ce message Royal, a-t-il poursuivi, le Souverain avait souligné l’attachement du Maroc à son patrimoine pluriel sans aucune exclusion, avant d’appeler à « la restauration de tous les temples juifs dans les différentes villes du Royaume, de sorte qu’ils ne soient plus seulement des lieux de culte, mais également un espace de dialogue culturel et de renouveau des valeurs fondatrices de la civilisation marocaine ».

Soutenant que l’histoire du judaïsme marocain est beaucoup plus riche et variée, M. Baida a expliqué qu’il s’agit d’un patrimoine que chaque Marocain, juif ou musulman, doit se réapproprier.

Il a, dans ce sens, mis l’accent sur les actions menées pour la mise en valeur et la préservation du patrimoine juif marocain (Fondation du Patrimoine culturel judéo-marocain, Musée du judaïsme marocain à Casablanca, restauration des synagogues, des cimetières et des anciens quartiers juifs : mellah de Marrakech par exemple, production de documentaires et d’œuvres cinématographiques…).

Et M. Baida de conclure que « c’est certes un devoir de mémoire, mais c’est aussi une façon de rapprocher de leur patrie ancestrale bon nombre de juifs que les aléas de l’histoire ont poussé à élire domicile sous d’autres cieux ».

MAP 231642 GMT Mai 2017

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